Le marché des changes en Syrie a connu de nouvelles fluctuations lundi, avec des variations rapides du taux du dollar entre baisse et hausse en l’espace de quelques heures. Dans le même temps, l’or a poursuivi son recul, alimentant les interrogations sur la nature réelle de cette baisse du dollar : s’agit-il d’une amélioration durable de la livre syrienne ou simplement d’une correction temporaire sur le marché parallèle ?
Le dollar a ouvert la séance autour de 12 850 livres syriennes avant de remonter à 13 350 livres. À titre de comparaison, il avait atteint environ 14 500 livres à l’achat et 14 600 livres à la vente le 11 juin dans plusieurs régions, ce qui signifie que le niveau actuel reste inférieur d’environ 1 150 livres par rapport au milieu du mois.
En parallèle, la Banque centrale de Syrie a fixé le taux officiel du dollar au 29 juin à 12 200 livres pour les anciennes unités et 122 livres pour les nouvelles unités, comme taux moyen appliqué aux banques, sociétés de change et transferts externes, illustrant la persistance de l’écart entre le taux officiel et celui du marché parallèle.
Sur le marché de l’or, le gramme d’or 18 carats s’est établi à environ 1,275 million de livres syriennes, tandis que le gramme de 21 carats a atteint environ 1,487 million de livres, selon les données du marché.
Des économistes estiment que la récente baisse du dollar ne découle pas d’améliorations fondamentales de l’économie, telles qu’une hausse des exportations ou une baisse des importations. Ils soulignent que des mesures comme la tarification des carburants en monnaie locale ou l’annonce de projets d’investissement ne réduisent pas automatiquement la demande de devises étrangères, en raison de la dépendance persistante aux importations.
Ils ajoutent que l’absence d’une plateforme officielle régulant les opérations de change et clarifiant l’offre et la demande laisse le champ libre à une forte volatilité sur le marché parallèle, permettant à certains acteurs de tirer profit des fluctuations par la spéculation.
Selon ces experts, les marchés syriens ont déjà connu en 2025 des cycles similaires de hausses et de baisses rapides, renforçant l’hypothèse selon laquelle ces mouvements sont davantage liés à la spéculation qu’à des changements économiques structurels.
Enfin, malgré le recul récent du dollar, les économistes insistent sur le fait que le véritable indicateur reste l’impact sur les prix des biens et services et sur le pouvoir d’achat, estimant que la stabilisation durable du taux de change nécessite des réformes structurelles dépassant les fluctuations quotidiennes du marché parallèle.